Récupération d'eau pluviale à Paris

En habitat collectif, la toiture appartient aux parties communes et toute installation de récupération relève donc d'une décision d'assemblée générale. Le volume disponible y est important, mais les usages possibles sont plus limités qu'en maison individuelle.

Utilité d'un récupérateur

Récupérer l'eau de pluie répond à trois objectifs qui ne pèsent pas du même poids selon les situations. L'économie sur la facture d'eau reste modeste tant que l'usage se limite au jardin, puisque l'arrosage représente une part saisonnière de la consommation. L'autonomie pendant les restrictions estivales compte davantage dans les régions où les arrêtés sécheresse reviennent chaque année. La réduction du ruissellement, enfin, intéresse les communes qui imposent un débit de fuite maximal vers leur réseau.

Les limites méritent d'être connues avant de se lancer. L'eau de pluie n'est pas potable et son usage intérieur suppose une installation séparée, signalée et déclarée. Une cuve se remplit en hiver et se vide en été, c'est-à-dire exactement à contretemps des besoins du jardin, ce qui oblige à dimensionner le stockage sur les mois secs. Un récupérateur mal entretenu devient enfin une source d'odeurs et de moustiques plutôt qu'une ressource.

Débit de fuite imposé

De nombreuses communes imposent un débit de fuite maximal vers le réseau collectif, exprimé en litres par seconde et par hectare. Cette contrainte oblige à stocker temporairement l'eau de pluie sur la parcelle avant de la restituer lentement. Elle figure au règlement d'assainissement et au plan local d'urbanisme.

Un ouvrage de rétention répond à cette obligation, cuve tampon, noue ou bassin. Il se dimensionne sur la surface imperméabilisée du projet et sur une pluie de référence. Cette exigence se vérifie dès la conception d'une construction ou d'une extension, une imperméabilisation supplémentaire déclenchant souvent une obligation de rétention.

Usages autorisés

L'arrosage, le lavage des sols extérieurs et le nettoyage d'un véhicule ne posent aucune difficulté. À l'intérieur, l'eau de pluie est admise pour l'alimentation des toilettes et le lavage du linge, ce dernier usage supposant un dispositif de traitement adapté. Elle reste interdite pour la boisson, la cuisine, la vaisselle et l'hygiène corporelle.

Une installation intérieure impose une séparation totale des réseaux, sans aucune interconnexion possible avec l'eau potable. Chaque point de soutirage porte une plaque signalant une eau non potable, et les canalisations se repèrent par une couleur distincte. Une déclaration en mairie est requise dès lors que l'installation rejette des eaux usées au réseau collectif.

Budget d'une installation complète

Une installation avec cuve enterrée, pompe et distribution vers les toilettes revient de 4 000 à 8 000 euros. La part de distribution intérieure, avec séparation des réseaux et gestionnaire, représente 1 500 à 3 000 euros. Un usage extérieur seul divise ce budget par deux.

La récupération des eaux de pluie permet de stocker une ressource issue des précipitations pour des usages compatibles avec sa qualité. Un système complet repose en général sur une cuve, un dispositif de filtration et un équipement de pompage adapté.